Martin Meissonnier : De toutes façons il y a un vrai problème en France. L’histoire du rock français le montre. Dans le texte ça tombe vite à plat.
Amina : Les seuls que j’aime bien pour les textes, c’est Rita Mitsouko. Pour le rap, parfois ça passe mieux.
Martin Meissonnier : Français et rock, ça marche pas. Le truc le plus important -c’est un percu marocain qui m’a appris ça, il a fait une étude linguistique géniale- quand tu parles en français, tu parles en 6/8. Tu analyses les phrases en français, c’est 123456, un système de 6.
Amina : T’aurais pas pu me le dire avant ?
Martin Meissonnier : Ce qui est frappant, c’est que le temps fort en français c’est le deuxième. Or, dans le binaire, c’est le temps de la caisse claire. Donc à chaque fois que tu chantes en français en binaire, tu es en plein clash avec la caisse claire, direct! Si tu as une voix dans la fréquence de la caisse claire, t’es cuit. C’est pour ça que le raggamuffin fonctionne en français car le temps fort n’est pas au même endroit. Toutes les chansons françaises qui ont marché renvoient à Brel ou Piaf, avec un maximum de 3/4 ou de 6/8, mais pas des masses de binaire. Ils ont la place pour la mélodie.
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